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Généralités et traçabilité au Cameroun

Les entreprises forestières d’Afrique Centrale opèrent généralement sur des sites isolés et sont directement responsables de la gestion d’importants massifs forestiers dont elles assurent l’exploitation. Dans ce cadre, ces entreprises traitent un volume important d’informations liées au suivi de leur production, leur permettant de suivre le destin des arbres exploités, transformés ou vendus localement ou à l’international. Ce suivi est plus généralement appelé « traçabilité forestière ».

Au Cameroun, la traçabilité forestière s’appuie sur des carnets de chantier intitulés « DF10 » pour l’enregistrement des abattages et des « lettres de voiture » pour le transport des grumes et produits bois. Le code unique de l’arbre abattu (numéro DF10) est obtenu en compilant le numéro de la page DF10 et de la ligne de la page où l’arbre est enregistré. L’identifiant des « grumes-filles » est obtenu en ajoutant une lettre au numéro DF10. Les numéros DF10 sont martelés sur les souches et peints sur les grumes filles avant d’être reportés dans des carnets de suivi.

 

Contexte du projet et attentes

Différentes entreprises au Cameroun ont adopté des systèmes de gestion et de traçabilité ouverts et connectés sur internet. Leur système centralisé permet de suivre simultanément l’ensemble des activités d’exploitation, de transformation, d’exportation et de commercialisation des produits bois sur une base données unique et en ligne. En d’autres termes, leur système permet le suivi en direct des activités commerciales et de production, reliant chaque produit bois commercialisé à son arbre d’origine caractérisé notamment par des coordonnées GPS.

Bien que ce système ait permis de répondre aux difficultés liées à la centralisation des informations de traçabilité, les problèmes liés aux opérations de saisies manuelles des données de traçabilité persistent. D’un côté, ces opérations représentent des sources d’erreurs significatives, d’un autre elles sont relativement lentes et rendent la gestion des données lente et peu réactive.

Si ce système a permis de se mettre en conformité avec le cadre légal, il a aussi permis de répondre aux exigences de différents référentiels de certification (gestion responsable, traçabilité, légalité). Dans ce contexte, ces entreprises voient leur système de traçabilité « connecté » comme une opportunité de communiquer sur la mise en œuvre de leurs engagements en termes de gestion responsable.

Toujours dans un souci de transparence et plus spécialement dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement Bois de l’Union Européenne1, les négociants en bois rencontrent régulièrement des difficultés pour justifier de l’origine, voire de la légalité de leurs approvisionnements. Il est ainsi très rarement possible de pouvoir justifier de l’origine de ses produits bois en dehors des processus offerts par les schémas de certifications. Ces processus ne permettant pas d’obtenir une traçabilité par pied reliant une grume ou un produit bois à un arbre d’origine.

Les principales attentes des différents interlocuteurs du projet peuvent donc être résumées de la manière suivante :

  • Résoudre les problèmes liés aux opérations de saisies manuelles des données de traçabilité ;
  • Communiquer sur la mise en œuvre des engagements en termes de gestion responsable ;
  • Permettre aux négociants et autres acteurs du secteur bois de tracer des produits bois jusqu’aux zones de récolte.

 

Le projet d’amélioration et de valorisation des systèmes de traçabilité forestière par les technologies mobiles

Porté par le GFBC (Groupement de la Filière Bois au Cameroun) et financé par le Programme EU FAO Flegt à hauteur de 72.289 USD, ce projet d’une durée de 9 mois est conduit au travers des quatre entreprises suivantes : Pallisco, CIFM, FIPCAM et CUF.

Tenant compte des attentes liées à la traçabilité de ces entreprises, l’objectif principal du projet a été d’améliorer et de valoriser les systèmes de traçabilité forestière par les technologies mobiles.

De manière schématique et au travers d’un étiquetage des grumes au niveau des parcs de rupture de ces entreprises, le projet a permis de mettre en place les outils suivants :

  • Des applications sur smartphone dédiées aux entreprises pour la gestion des parcs à grumes, en particulier les étapes 1) d’arrivée des grumes sur parc à bois ; 2) de réception des grumes par le client ; 3) d’évacuation des grumes ;
  • Une application web et smartphone dédiée au grand public pour consulter les données de traçabilité des grumes après scan de l’étiquette de la grume ou saisie de ses informtions (faire le lien vers la rubrique pour tracer les poduits).

En addition à ces résultats, différentes avancées ont également été permises :

  • Un gain de temps sur l’ensemble des opérations du parc à bois grâce à la diminution des saisies manuelles ;
  • Une gestion des flux de bois en direct sur le parc à bois ;
  • Un accès rapide aux données de traçabilité.